croissance durable
La croissance durable?
L’idée de progrès nous accompagne depuis longtemps, certains diront que depuis toujours, c’est probablement vrai mais á une échelle tellement allongée dans le temps qu’elle n’etait pas vraiment visible pour la généralité de la population.
C’est une idée légitime, pour nous garantir des meilleures conditions de vie, pour mieux nous protéger des dangers du climat et des prédateurs, pour garantir plus facilement notre alimentation, pour avoir les meilleures conditions pour faire naître nos enfants et qu’ils puissent grandir et prospérer en toute sécurité, pour mieux nous défendre de la convoitise des voisins. Oui pour tout cela nous avons du développer des techniques de plus en plus performantes, nous l’avons fait avec une efficacité remarquable avec chaque avance technologique produisant un effet plus ou moins multiplicateur, accélérant le processus.
En theorie, nos conditions de vie se sont améliorées et il devrait continuer á en etre ainsi, chaque progrès viendrait apporter encore plus de bien etre á notre vie.
Á un certain moment, difficile de définir, il y a eu un changement et on a commencé á remplacer avec fréquence l’idée de progrès par le concept de croissance et surtout on a voulu les confondre.
L’idéal capitaliste est que pour chaque Euro investi on reçoive au moins deux Euros, plus si possible, dans les plus brefs délais. Pour réinvestir ces deux Euros pour qu’ils en rapportent au moins quatre et ainsi de suite. Avec la révolution industrielle on s’est empressé de produire á grande échelle tout ce qu’on produisait artisanalement un peu partout, concentrant la production en grandes usines. Puis rapidement on a évolué vers des produits essenciellement industriels avec des caractéristiques qui souvent n’étaient pas aussi bonnes du point de vue de l’utilisateur mais qui avaient des avantages du coté productif, permettant d’en faire plus, plus vite, moins cher, une grande croissance des revenus pour le capital investi.
Tres vite le marché a été saturé et on ne pouvait plus augmenter la quantité produite, alors pour maintenir la croissance on baisse les prix pour augmenter les ventes et surtout on baisse la qualité et la durabilité des produits pour qu’ils doivent etre remplacés de plus en plus vite.
Pour que ça fonctionne encore mieux, on introduit le concept de l’innovation. L’idée qu’il nous faut toujours du nouveau.
Chaque fois que nous entrons en contact avec quelque chose de nouveau, nous avons besoin d’un certain temps pour nos adapter á la nouvelle situation, cela nous demande beaucoup d’energie, de temps, de concentration. Mais c’est un défi á notre capacité de dominer notre environnement, nous ne tolérons pas ce que nous ne dominons pas. Par ailleurs cela fonctionne comme une énigme que nous avons plaisir á résoudre et en quelque sorte nous nous vicions dans le nouveau. Comme tous les vices, les nouveautés nous font d’abord un grand effet et puis il nous faut des doses de plus en plus fortes et la durée de la sensation est de plus en plus courte. De nos jours l’innovation est dejá une véritable obsession. Tout change tres vite. La croissance de nos jours est un processus continu et le moteur de l’économie n’est plus la nouveauté, ni la vitesse du changement, mais l’accélération de la fréquence de changement, réalité qui peut etre facilement vérifiée par la croissance des fréquences de fonctionnement des ordinateurs.
Toutes ces nouveautés, ces changements, nous maintiennent tellement occupés, tellement « drogués », dans un état permanent d’excitation, d’excès d’adrénaline que nous n’avons pratiquement pas l’occasion de nous interroger sérieusement, profondément sur le bien fondé de tout cela.
Tous ces problèmes de production et de consomation sont terribles pour le systeme capitaliste. Du coté de la production il faut garantir que rien n’entrave le bon déroulement des opérations, le facteur humain est plein d’impondérables, maladies, congés (payés en plus), grèves , il vaut mieux le retirer de la chaîne de production, ça revient moins cher de lui donner des subventions pour qu’il continue á consommer et le capital y gagne encore plus.
Mais l’idéal l’idéal ce serait de ne travailler qu’avec du capital sans avoir á ce préoccuper si ça produit ou si ça ne produit pas. Une espèce de jeu de bourse ou j’investisse un Euro pour en recevoir deux…
C’est ça la croissance
Durable ?